Marché · France
Airbnb à l'année : record en Île-de-France
Par Maxime Therin
L'Institut Paris Region estime à 52 900 le nombre de logements Airbnb loués entiers plus de 120 jours par an en Île-de-France en 2025, dont plus de 29 000 à Paris, un niveau jamais observé. Pour un gestionnaire, c'est l'argument qu'attendaient les communes pour multiplier les contrôles sur les durées de location et les changements d'usage.
Ce que mesure l'étude
L'Institut Paris Region a publié début novembre sa Note rapide n° 1072, consacrée aux meublés de tourisme franciliens après les Jeux de Paris. L'étude s'appuie sur les données AirDNA et ne retient que les annonces Airbnb actives, c'est-à-dire réservées au moins une nuit sur la période. Elle compte 139 400 annonces actives en Île-de-France en 2025, dont 51 % dans Paris, contre 168 400 en 2024, année record portée par les JOP. Sur deux ans, la hausse reste de 24 % par rapport à 2023. Les nuitées atteignent 16,7 millions en 2025, au-dessus des 16 millions de 2024, et la moitié des annonces actives a cumulé au moins 97 nuitées dans l'année.
La location à l'année progresse, Paris compris
Le chiffre qui retient l'attention concerne les logements loués entiers plus de 120 jours par an. Ils sont 52 900 en Île-de-France en 2025, deux fois plus qu'en 2019, et pèsent 38 % des annonces, un point haut historique. Ils captent 69 % des nuitées réservées sur Airbnb. À Paris, l'institut en compte plus de 29 000, soit 10 000 de plus qu'en 2023. En retenant le seuil de 90 nuitées applicable aux résidences principales parisiennes depuis le 1er janvier 2025, la moitié des annonces de la capitale serait en possible situation d'illégalité, selon la note. Hors Paris, Saint-Denis, Saint-Ouen, Montreuil ou Boulogne-Billancourt progressent nettement, et la grande couronne représente désormais 20 % des annonces, contre 9 % en 2017.
Des chiffres contestés
Ces estimations reposent sur une modélisation de la disponibilité des annonces. Selon l'AFP, AirDNA rappelle qu'un calendrier bloqué peut aussi correspondre à une occupation par le propriétaire ou à des travaux, et compte de son côté environ 11 300 logements loués à temps plein à Paris avec sa propre méthode. Airbnb « conteste fermement les chiffres et les conclusions » de l'étude et affirme que les logements loués plus de 120 jours à Paris seraient trois fois moins nombreux. L'institut présente lui-même ses données comme des bornes basses du marché, puisqu'il exclut les autres plateformes.
Ce que ça change pour un gestionnaire
Quelle que soit la méthode retenue, la note sera lue par les communes comme un argument pour contrôler davantage. Elle rappelle les outils désormais disponibles : enregistrement obligatoire sur tout le territoire depuis mai 2026 avec le règlement européen, transmission des données des plateformes aux communes qui la demandent, quotas d'autorisations de changement d'usage, plafond abaissé à 90 jours pour les résidences principales et responsabilité renforcée des conciergeries en cas d'annonce illégale. La mairie de Paris, par la voix de son adjoint au logement Jacques Baudrier, dit vouloir « regagner 25 000 meublés touristiques illégaux » pour l'habitat permanent, selon l'AFP. Côté prix, la note relève un loyer médian de 56,5 euros par nuitée et par personne à Paris en juin 2026, contre 39 euros en juin 2019.
Ce que tu dois faire
- Vérifie pour chaque logement parisien le statut déclaré (résidence principale ou secondaire) et le compteur de nuitées : au-delà de 90 nuits, une résidence principale sort du cadre.
- Garde dans chaque dossier propriétaire le numéro d'enregistrement et, pour une résidence secondaire, l'autorisation de changement d'usage.
- Bloque les calendriers des résidences principales avant le plafond, toutes plateformes confondues, pas seulement sur Airbnb.
- Anticipe des contrôles plus fréquents en petite couronne, où les annonces progressent le plus vite.
Pour aller plus loin
Sources
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