Location courte durée :
les règles qui s'appliquent à chaque logement, selon sa situation.
Par Maxime Therin
Mis à jour le 7 novembre 2026
Guide d'information, à valider avec la mairie ou ton avocat

À retenir
Une résidence principale ne se loue pas plus de 120 nuits par an, 90 si ta commune l'a décidé.
La réponse courte
Quelle est la réglementation de la location courte durée en 2026 ?
Textes vérifiés sur Légifrance, Service-Public et le site de la DGE, relevé du 07/11/2026.
Six situations courantes,
et ce que chacune t'impose.
Le tableau résume le Code du tourisme et le Code de la construction dans leur version en vigueur. Les règles locales priment toujours : une commune peut ajouter une procédure d'enregistrement, des quotas ou un plafond plus bas.
| Ta situation | Tes obligations | Le point de vigilance |
|---|---|---|
| Résidence principale, commune sans procédure d'enregistrement | Aucune déclaration en mairie aujourd'hui. Plafond de 120 nuits par an, 90 consécutives au plus pour un même client. | La déclaration deviendra générale avec le téléservice national. |
| Résidence principale, commune avec enregistrement | Déclaration en ligne, numéro à 13 caractères sur chaque annonce, preuve que le logement est ta résidence principale. | La commune peut abaisser le plafond à 90 nuits et te demander ton nombre de nuits. |
| Résidence secondaire ou logement d'investissement | Déclaration en mairie (formulaire cerfa n° 14004) ou enregistrement si la commune l'impose. Pas de plafond de nuits. | Autorisation de changement d'usage si la commune l'exige, parfois avec compensation. |
| Logement en copropriété | Vérifier le règlement de copropriété et informer le syndic de la location en meublé de tourisme. | L'assemblée générale peut voter l'interdiction si le règlement exclut déjà toute activité commerciale. |
| Tu es locataire et tu veux sous-louer | Accord écrit du propriétaire avant toute mise en location. Un logement social ne peut pas être loué en meublé de tourisme. | Sans accord : dommages et intérêts, résiliation du bail ou expulsion. |
| Local commercial ou professionnel transformé en meublé | Autorisation préalable si la commune l'a instituée. | Jusqu'à 25 000 € d'amende civile sans autorisation. |
Sources : Légifrance, Code du tourisme, article L. 324-1-1 ; Service-Public, fiches F2043 et F33175 (vérifiées le 21 mai 2026). Relevé du 07/11/2026.
Tout part d'une définition :
huit mois d'occupation par an.
Ta résidence principale est le logement que tu occupes au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. C'est la définition de l'article 2 de la loi du 6 juillet 1989, à laquelle renvoie le Code du tourisme. Par déduction, il te reste au plus quatre mois, soit 120 jours, pour la louer : c'est l'origine de la règle des 120 jours.
La loi Le Meur a ajouté une marge de manœuvre aux communes : par délibération motivée, elles peuvent abaisser ce plafond, sans descendre sous 90 jours par an. Elles peuvent aussi te demander, jusqu'au 31 décembre de l'année suivante, le nombre de jours pendant lesquels le logement a été loué. Dépasser le plafond d'une résidence principale expose à une amende civile de 15 000 € au plus.
Le piège du compte des nuits
Déclaration simple, enregistrement,
puis un téléservice national.
Aujourd'hui, deux régimes coexistent selon la commune. Dans la plupart, la mise en location d'un logement qui n'est pas ta résidence principale se déclare à la mairie avec le formulaire cerfa n° 14004, envoyé en recommandé avec avis de réception. Dans les communes qui ont mis en place une procédure d'enregistrement, la déclaration se fait en ligne, y compris pour une résidence principale, et donne un numéro de 13 caractères : le code INSEE de la commune, un identifiant de six chiffres et une clé de contrôle.
La loi Le Meur généralise l'enregistrement : toute personne qui loue un meublé de tourisme devra le déclarer sur un téléservice national, avec un justificatif pour une résidence principale. La Direction générale des entreprises annonce son ouverture au quatrième trimestre 2026 ; à la dernière mise à jour de sa page, le 23 juillet 2026, les anciens numéros communaux devaient être renouvelés pendant une période de transition de quelques mois, puis devenir invalides.
Le numéro doit apparaître dans chaque annonce, sur chaque plateforme. Si tu passes par une conciergerie qui publie les annonces, elle a ses propres obligations envers toi et la commune : elles sont détaillées dans notre guide sur la loi Le Meur pour les conciergeries, avec le calendrier complet des échéances.
Dans certaines villes,
louer une résidence secondaire demande une autorisation.
Le Code de la construction et de l'habitation pose un principe clair à son article L. 631-7 : louer un local d'habitation en meublé de tourisme constitue un changement d'usage. Dans les communes où ce régime s'applique, tu dois obtenir une autorisation du maire avant de louer une résidence secondaire à des voyageurs. La résidence principale louée dans la limite du plafond de nuits n'est pas concernée.
Le champ de ce régime a changé. Depuis le 21 février 2026, la loi de finances pour 2026 a réécrit l'article : la section s'applique aux communes de la liste fixée par le décret prévu à l'article 1406 bis du Code général des impôts, et c'est le conseil municipal qui décide de soumettre ou non le changement d'usage à autorisation. Les guides qui parlent encore d'un seuil automatique de 200 000 habitants décrivent l'ancienne rédaction : vérifie le règlement de ta commune plutôt qu'un seuil de population.
Autorisation avec compensation
Autorisation temporaire
Pour obtenir l'autorisation, le diagnostic de performance énergétique doit classer le logement entre A et E en métropole. Louer sans autorisation expose à une amende jusqu'à 100 000 €, à une astreinte jusqu'à 1 000 € par jour et par mètre carré et à l'obligation de rendre le logement à l'habitation.
Les règles de plusieurs grandes villes sont détaillées sur nos pages Paris, Bordeaux et Nice.
Le règlement de copropriété
peut fermer la porte aux meublés de tourisme.
Depuis le 21 novembre 2024, tout nouveau règlement de copropriété doit dire si la location en meublé de tourisme est autorisée. Pour un règlement plus ancien, une clause d'habitation exclusivement bourgeoise interdit toute activité professionnelle, location touristique comprise.
Si le règlement interdit déjà toute activité commerciale dans les lots qui ne sont pas à usage commercial, l'assemblée générale peut voter l'interdiction des meublés de tourisme à la majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix. Le Conseil constitutionnel a jugé ce dispositif conforme à la Constitution le 19 mars 2026. Enfin, le copropriétaire qui loue son lot en meublé de tourisme doit en informer le syndic.
DPE, taxe de séjour, voyageurs étrangers :
ce qui s'ajoute à la déclaration.
- DPE. Au 1er janvier 2034, tout meublé de tourisme qui n'est pas une résidence principale devra respecter le niveau d'un logement décent, soit une classe entre A et D en métropole. La commune pourra demander le diagnostic.
- Taxe de séjour. Là où la commune ou l'intercommunalité l'a instituée, tu la collectes auprès du voyageur et tu la reverses, sauf si la plateforme le fait pour toi.
- Contrat écrit. Une réservation directe d'un meublé de tourisme doit faire l'objet d'un contrat de location écrit avec des mentions obligatoires.
- Fiche de police. Chaque voyageur de nationalité étrangère remplit et signe une fiche individuelle à son arrivée, conservée six mois. Tout est expliqué dans notre guide fiche de police en France.
- Fiscalité et assurance. Les revenus se déclarent en BIC et le classement change ton abattement : lis notre guide fiscalité de la location courte durée. Pour la casse et la responsabilité, lis le guide assurance et caution.
Ce que tu risques,
manquement par manquement.
Les montants ci-dessous sont des plafonds fixés par le texte en vigueur. Les amendes administratives sont prononcées par la commune ; les amendes civiles par le président du tribunal judiciaire, à la demande de la commune.
| Manquement | Sanction maximale | Texte |
|---|---|---|
| Location sans déclaration là où elle est exigée | 10 000 € (amende administrative) | Code du tourisme, art. L. 324-1-1, V |
| Fausse déclaration ou faux numéro | 20 000 € (amende administrative) | Code du tourisme, art. L. 324-1-1, V |
| Résidence principale louée au-delà du plafond de nuits | 15 000 € (amende civile) | Code du tourisme, art. L. 324-1-1, V |
| Local non résidentiel loué sans l'autorisation exigée | 25 000 € (amende civile) | Code du tourisme, art. L. 324-1-1, V |
| Location malgré une suspension pour insécurité ou insalubrité | 50 000 € par meublé (amende civile) | Code du tourisme, art. L. 324-1-1, V |
| Changement d'usage sans autorisation | 100 000 € et astreinte jusqu'à 1 000 € par jour et par m² | Code de la construction et de l'habitation |
Relevé du 07/11/2026 sur Légifrance et Service-Public. Les fiches Service-Public vérifiées en mai 2026 citent encore des montants plus bas pour l'absence de déclaration : c'est le texte du Code, en vigueur depuis le 20 mai 2026, qui fait foi.
Avant de publier une annonce,
garde une trace de chaque vérification.
Pour chaque logement, tiens une fiche avec son statut (résidence principale ou non, justificatif à l'appui), les règles de sa commune, la clause du règlement de copropriété, le numéro de déclaration, la classe du DPE et, pour une résidence principale, le compte des nuits de l'année. C'est ce que la mairie ou le syndic te demandera en premier.
Où un outil t'aide vraiment
Réglementation de la location courte durée : tes questions.
Quelle est la limite de 120 jours sur Airbnb ?
C'est le plafond légal de location d'une résidence principale en meublé de tourisme, fixé par l'article L. 324-1-1 du Code du tourisme. Il vaut par logement et par année civile, toutes plateformes confondues, et une commune peut l'abaisser jusqu'à 90 jours par délibération motivée.
La limite des 120 jours s'applique-t-elle à une résidence secondaire ?
Non. Une résidence secondaire n'a pas de plafond de nuits, mais elle doit être déclarée en mairie et peut être soumise à une autorisation de changement d'usage, parfois avec compensation, selon la commune.
Quel cerfa pour déclarer un meublé de tourisme en 2026 ?
Dans une commune sans procédure d'enregistrement, c'est le formulaire cerfa n° 14004, envoyé à la mairie en recommandé avec avis de réception. Dans une commune avec enregistrement, la déclaration se fait sur le service en ligne indiqué par la mairie, en attendant le téléservice national annoncé pour le quatrième trimestre 2026.
Qu'est-ce que le numéro d'enregistrement d'un meublé de tourisme ?
Un numéro de 13 caractères délivré après la déclaration en ligne : le code INSEE de la commune, un identifiant de six chiffres et une clé de contrôle. Il doit figurer sur chaque annonce. Les numéros communaux devront être renouvelés sur le téléservice national après son ouverture.
Une copropriété peut-elle interdire la location courte durée ?
Oui, si le règlement interdit déjà toute activité commerciale dans les lots non commerciaux : l'assemblée générale peut alors voter l'interdiction des meublés de tourisme à la majorité des membres représentant au moins les deux tiers des voix. Les nouveaux règlements doivent dire si ces locations sont autorisées.
Faut-il une autorisation de changement d'usage pour louer sur Airbnb ?
Pour une résidence secondaire, oui dans les communes où le conseil municipal a soumis le changement d'usage à autorisation. Depuis le 21 février 2026, ce régime concerne les communes de la liste fixée par décret au titre de l'article 1406 bis du Code général des impôts. La résidence principale louée dans la limite du plafond n'est pas concernée.
Le DPE est-il obligatoire pour une location saisonnière ?
Pour obtenir une autorisation de changement d'usage, le logement doit être classé entre A et E en métropole. À partir du 1er janvier 2034, tout meublé de tourisme qui n'est pas une résidence principale devra être classé entre A et D.
Quelles sanctions en cas de location sans déclaration ?
Jusqu'à 10 000 € d'amende administrative sans déclaration là où elle est exigée et 20 000 € pour une fausse déclaration. Un changement d'usage sans autorisation peut coûter jusqu'à 100 000 €.
- Légifrance, Code du tourisme, articles L. 324-1 à L. 324-2-1 (version en vigueur depuis le 20 mai 2026), consulté le 07/11/2026
- Légifrance, Code de la construction et de l'habitation, article L. 631-7 (version en vigueur depuis le 21 février 2026), consulté le 07/11/2026
- Service-Public.fr, « Location d'un meublé de tourisme » (F2043, vérifiée le 21 mai 2026), consulté le 07/11/2026
- Service-Public.fr, « Faire de sa résidence principale une location de vacances » (F33175, vérifiée le 21 mai 2026), consulté le 07/11/2026
- Direction générale des Entreprises, « L'API meublés » (mise à jour le 23 juillet 2026), consulté le 07/11/2026
- Institut national de la consommation, « Meublés de tourisme au sein d'une copropriété : nouveautés » (vérifiée le 13 mai 2026), consulté le 07/11/2026
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-1186 QPC du 19 mars 2026, consulté le 07/11/2026
- Loi Le Meur et conciergeriesÉchéances 2025 à 2034
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